NOUVEAUTÉ – La feuille de chou de M. Plante
En ce temps des Fêtes, j’ai le plaisir d’inaugurer La feuille de chou de M. Plante *, une chronique hebdomadaire dans laquelle je vous informerai sur le merveilleux monde de l’agroalimentaire. Portraits de producteurs, dossiers pratiques, nouvelles et commentaires se retrouveront dans cette rubrique. Cette semaine, Rémy Blais, copropriétaire des Jardins d’Autrefois, une entreprise spécialisée dans la récolte et la transformation de petits fruits biologiques, nous parle de sa passion pour la production maraîchère.
La récolte de petits fruits biologiques est considérée comme l’une des plus ardues de l’industrie. Pourquoi avoir choisi cette voie?
Depuis longtemps, ma conjointe Carole Roy et moi avons comme passion de récolter des bleuets. Nous avons acheté en 1999, à St-Louis de Richelieu, une terre de 40 arpents [l’équivalent de 35 terrains de football]. Les deux premières années, nous avons mis en terre 1000 plants, à raison de 500 par été. Il faut toutefois être très persévérant car les plants arrivent à maturité après six ans. Ce n’est pas comme la tomate qui se récolte après quelques semaines seulement. Nous croyons depuis le début au biologique et nous travaillons très fort pour offrir des fruits de qualité supérieure que les produits conventionnels.
Vous vivez entourés de producteurs conventionnels. Comment décririez-vous vos rapports avec eux?
C’est difficile, mais nous mettons beaucoup d’énergie à collaborer avec les producteurs environnants. Nous devons respecter des zones tampons aux extrémités de notre champ, dans lesquelles on ne plante rien pour éviter que leurs fertilisants et herbicides n’atteignent nos sols. Eux aussi commencent leur épandage un peu plus loin de nos terres. Cependant, ils ne comprennent pas nécessairement notre enjeu et ils n’ont pas la même définition de l’agriculture. La rotation ou la jachère existent très peu chez eux. Ils se disent simplement que 15 tonnes supplémentaires d’engrais permettront au sol usé de remplir à nouveau son rôle.

Le biologique a connu une belle expansion ces dernières années. Trouvez-vous que beaucoup d’éducation reste encore à faire auprès des consommateurs?
Il y a 10 ans, nous avons senti que le biologique allait finir par exploser. Les clients avec qui on transige aujourd’hui comprennent les avantages et les bienfaits de nos produits. Sincèrement, je crois que certains d’entre eux trouvent toujours que les prix sont trop élevés. Pour cette raison, nous devons éduquer les consommateurs à tous les jours. Les gens réalisent que les produits bio sont exempts de pesticides et d’herbicides, mais tous ne savent pas les efforts exigés pour retirer manuellement les mauvaises herbes, par exemple.
Ces jours-ci, nos abonnés découvrent avec joie votre tartinade bleuets et fraises que nous leur offrons pour Noël. Parlez-nous ne vos produits transformés.
La transformation nous occupe tout l’hiver. Nous congelons une bonne partie de nos récoltes que nous apprêtons en tartinades (bleuets, fraises, cassis et cerises de terre), relish (courgettes, une recette unique au goût incomparable) et confits (oignons). Nous cultivons aussi de l’ail. Nous privilégions un circuit court, de sorte que nous vendons surtout dans les marchés environnants. Le contact client est primordial pour moi. Nos produits se sont déjà retrouvés dans des épiceries fines, mais je n’aimais pas la présentation. Je tente le plus souvent possible de présenter personnellement tout ce que nous offrons. Le Jardin des anges est également pour nous une excellente manière de promouvoir nos produits. À suivre prochainement…
* Jérôme Plante est le directeur du Jardin des anges
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Suivez les prochaines éditions de La feuille de chou de M. Plante, de retour après les Fêtes. Nous voulons savoir ce que vous aimeriez lire dans cette rubrique. Quels sujets agroalimentaires vous passionnent. Écrivez-nous et faites-nous part de vos suggestions.
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